Demande d'emploi
Notre dessinateur cherche du boulot, n'importe
quoi! si vous avez quelque chose dans ses cordes ou pas.
Curriculum envoyé aux éditions Belin
Lettre de motivation manuscrite (si vous pouviez la recopier à la main ça m'arrangerai du fait de la
présence de communication électronique entre nous)
Monsieur,
Chaque jour que dieu fait, et dieu sait qu'il en fait le bougre, des
enjeux énormes se jouent lors de certaines réunions. Hélas, statistiquement
il y a des absents et parmi ces absents se trouvent des cons,
car des cons il y en a partout y compris dans votre entreprise.
Ils sont indispensables dans les réunions, ils partagent leur savoir et
donnent leur avis. Afin d'avoir des réunions de qualité il est donc nécessaire de remplacer ces
absents au pied levé, c'est pourquoi je pense être, du fait de mon expérience
et de mes capacités d'adaptation à même de m'asseoir sur les
chaises laissées vides
par ces absents.
A défaut de place libre dans vos réunions, je me
contenterai bien volontiers d'une place de con dans vos services. Des
bruits courent comme quoi certains chefs des dits services s'en vont
répandre leurs compétences ailleurs.
Je saurai me montrer à la hauteur des tâches (non pas de vos employés,
mais du dur labeur assujetti au poste) qui me seront confiées.
Outre une formation de con acquise sur le tas, j'ai quelques diplômes
gagnés durement au cours de mes études ainsi qu'un monceau de lettres de
recommandation.
Pour le salaire je pense non seulement le mériter mais laisser le
montant entre les mains de ma femme qui le négociera elle même.
Sachez aussi qu'avant d'apporter mes compétences dans votre domaine des
biscuits apéritifs, j'ai acquis une grande expérience dans le domaines
des biscuits sucrés et plus particulièrement des petits-beurres aux
éditions "J'ai LU".
Curriculum Vitae
Né le jour anniversaire de Dièn Bien Phù (1955), mis en nourrice aux
confins du Morvan (Montsauche), puis placé chez un couple de fermier, où
j'ai appris l'art du collier de nouilles pour la fête des mères et de la
savate pour les soirs de paye, j'ai trempé mon caractère à la façon de
l'acier de Tolède dans le vin du "Postillon" et depuis sa disparition
dans un "Carré de vigne" rectangulaire.
Après avoir passé haut la main mon certificat d'études, puis mon BEPC
(option culture générale) au lycée agricole de Chateau-Chinon, j'ai
choisi de m'orienter vers la connerie littéraire, mes capacités
mathématiques étant proche de celle d'Évariste Gallois camarade de
promotion avec qui j'ai redoublé toutes les classes jusqu'au
baccalauréat. Que j'ai loupé à un point près, déjà c'était con !!!
Entré en apprentissage chez un ancien relieur à la retraite j'ai appris
à tailler des plumes comme pas un !
Durant un service militaire plus long que prévu, j'ai choisi
délibérément de ne pas apprendre l'allemand en demandant ma mutation
Saint-Tropez. Hélas vous connaissez sans doute l'armée il suffit que
vous demandiez Saint-Tropez pour vous retrouver à Landaü, en forteresse.
Chômeur depuis le début de ma carrière, le stage de macramé demandé à l'ANPE m'ayant été
refusé, je décide de me mettre à mon compte.
Après quelques rôles cons au cinéma, je m'essaye à la connerie picturale, avec une
exposition magistrale à la bibliothèque municipale d'Annemasse qui me
value les honneurs de la presse, surtout locale.
Pour des besoins alimentaires à satisfaire au plus vite, j'ai du accepter
un nombre infini de missions.
De boucheur de trou (un comble pour un con) à acquiesceur
d'opinion, de travailleur con à responsable con d'une équipe de cons j'ai
franchi ainsi les étapes d'une vie dédiée à la connerie.
La dernière crise financière a eu raison de mon
carnet de commandes. Sans relation il
est difficile de trouver du boulot et de mon
important carnet d'adresses il ne reste pas grand chose. Nombre des cons que je connaissais se
retrouvant au chômage ou atteint par la limite d'âge.
C'est pourquoi je compte sur vous afin d'atteindre mon
seuil d'incompétence et d'occuper mes après-midi, et vous adresse donc ce bref curriculum ainsi que l'adresse du
site internet sur lequel on me peut venir me voir http://www.groupe-galuchat.info ou
http://legaluchat.free.fr
Bien à vous
Gaston Poulet
PS
Si vous êtes dans l'impossibilité de vous servir de ce curriculum,
faites-le circuler autour de vous, le plus loin possible.
Sachez aussi qu'il est sans doute moins cher et plus facile de me commander
une connerie que d'en inventer une.
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Digressions de
Jean Menchassec
Elu meilleur coup
par un jury spécialisé de femmes battues, Jean Menchassec collabore
de façon occasionnelle au Galuchat
Considérations sur nos amis les motards
Pour
tout vous dire, je trouve le proverbe « Qui aime bien châtie bien » mal
foutu. Ma gentillesse naturelle et mon humanité légendaire me
pousseraient à déclarer : « Qui aime bien ne châtie pas ». Seulement
voilà : je ne suis pas responsable éditorial du Petit Littré, fort
heureusement, alors on va devoir faire avec. Et puis j’avoue qu’en
l’occurrence, ce proverbe m’arrange bien. Motard moi-même à mes heures
perdues, je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager un portrait
légèrement vitriolé de la grande confrérie des amateurs de deux-roues.
Observons
un motard : comme l’escargot, il porte sa carrosserie sur lui sans
toutefois laisser autant de traces là où il passe. De nature écolo, ses
traces, il préfère les laisser dans son slip. Lorsque l’escargot
rencontre une pie ou un quelconque oiseau de taille à se le goberger,
c’est toujours l’oiseau qui gagne. Lorsqu’un motard croise un routier
d’un peu trop près, c’est toujours le routier qui gagne. C’est pas
juste.

Convaincu
de la grande fragilité que lui confère (de « conférer », contraction de
« con » et du patronyme d’un ancien maire de Marseille) son statut de
deux-roues, le motard s’arroge bien des droits, y compris celui de vous
insulter, pauvre automobiliste que vous êtes, en vous doublant par la
droite à des vitesses criminelles : c’est vrai abruti, qu’est-ce que tu
branles avec ta poubelle sur la file de gauche à 130, ça va pas la tête
? Tu vois pas que je vais arriver en retard à Garches ? Le professeur
Dugenou a conçu une nouvelle prothèse céramique, j’ai bien envie de
l’essayer, ça fera bien avec mes nouveaux rétros look carbone, tout ça
tout ça… Et oui, le motard est toujours pressé, c’est pour ça qu’il
roule en moto, vous ne pouvez pas comprendre au volant de votre caisse
pourrie.
Le motard est
mieux loti que l'Alsacien ou le Bavarois : il a deux grandes fêtes de
la bière par an, la première au Mans et la seconde à Magny-cours.
(Magne, y courent !). Toutes deux s’étendent sur 24 heures en ce qui
concerne les festivités, et trois semaines pour la société chargée du
nettoyage des abords du circuit.
 La
célèbre motarde de Dijon
Si
le motocycliste pue irrémédiablement des pieds, c’est à cause des
grosses bottes qu’il porte à longueur d’année. Et après ça, on dira que
le cuir, ça respire ! Ce n’est pas très grave car il s’accouple très
souvent avec la motarde, (de Dijon, la meilleure) qui souffre, pour les
mêmes raisons, du même désagrément. Sous la tante, comme disait mon
oncle, à la nuit tombée, au doux son rauque des bolides qui courent sur
le circuit, les effluves de pieds chauds, de joints froids, de bière
tiède et de calebars fanés se mélangent, imaginez-vous ce bonheur
olfactif ?
A l’instar de
la brème, ce sympathique poisson d’eau douce inexpressif à la lèvre
lippue et à l’écaille gluante qui peuple le lit de nos fleuves et nos
rivières, le motard a l’instinct grégaire : aux beaux jours, il
aime retrouver ses congénères à l'occasion de « rassos »,
diminutif de « rassemblements », terme employé pour éviter «
concentration » qui ferait un peu fureur. Là, il retrouve ses
frères-motards qui ont la même moto que lui. Blouson de cuir
entrouvert, le casque dans une main et une canette dans l’autre, il
déambule d’un pas nonchalant et l’oeil hagard, au beau milieu de
machines alignées comme à la parade. Quelques bières plus tard, il est
fermement convaincu que sa moto est la plus grosse, la plus belle, la
plus rapide. C’est une vraie obsession motarde, ça : être sûr qu’on a
la plus grosse.
J’avoue
être toujours resté perplexe face à cette tendance naturelle qui
consiste à parcourir la France en long, en large et en travers pour se
regrouper et voir les mêmes bécanes que la sienne, alors qu’il suffit
de rester bien peinard chez soi pour admirer la plus belle dans son
garage. Et oui, c’est forcément la plus belle, puisque c’est la mienne.
Politiquement, le motard est moins engagé que sur la bretelle d’accès à
l’autoroute : il existe bien quelques associations, clubs et
fédérations pour tenter de les récupérer politiquement mais ça reste
confidentiel. De ce point de vue, tant qu'on ne cherche pas à lui
coller une vignette ou une taxe à la con supplémentaire, le motard
reste autonome et indépendant.
Bien sûr, tout ceci est très exagéré …
Qu’on se le dise !
© Jean Menchassec
Vos commentaires
- Mieux vaut
commencer la moto tôt !!! - (Kishi Duoduma)
- On voit toujours
le motard tard - (Ymatumi Araduku)
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